Carte postale de Ronchoit – Janvier 2017

Par Ronchoit

Hello chers amis,
Ah  ! Comment vous remercier pour ce magnifique tour du monde que vous m’avez offert  ? Comme promis, je vous envoie une carte postale. Celle-ci marque ma première étape.

J’ai décidé de commencer par un retour aux sources et je finirai mon périple par ce même lieu sacré. Vous l’avez reconnu, il s’agit de Ronchois, ce village de Normandie qui m’a vu naître il y a de ça  … un certain temps. Ils n’ont toujours pas rectifié sur le panneau la honteuse faute d’orthographe qui termine  Ronchois par un «  s  » au lieu d’un «  t  ». Mais soyons indulgents.

Il serait trop long de vous narrer tous les détails de mon voyage mais en voici  quand même un résumé. Téméraire, j’ai tenté l’option kayak en partant de Lannion, descendant le Léguer et longeant la côte vers le nord-est. L’objectif était d’atteindre, à terme, l’embouchure de la Seine et de remonter celle-ci jusqu’à débarquer à proximité de Ronchois, tel un héros, comme Ulysse qui revient au pays au terme d’un long voyage.

Las  ! La météo en a décidé autrement. Arrivé aux abords du Cotentin, un froid sibérien s’est abattu sur moi. En l’espace d’une nuit, la mer avait gelé, et moi avec. Mon kayak, pris par les glaces, était immobilisé à quelques encablures du Mont Saint Michel. J’ai donc dû l’abandonner en pleine banquise et marcher dans le blizzard pendant des heures sur la mer gelée pour atteindre Avranches. Là, épuisé mais vivant, j’ai entrepris de faire du stop pour poursuivre mon voyage. Après plusieurs heures d’attente, le pouce gelé (et le reste aussi), j’ai été pris par un convoi du cirque Zavatta qui allait vers la Normandie. Ils n’avaient plus de place en cabine dans les camions, mais il restait un peu d’espace dans les cages, avec les lions et les tigres, par derrière. Je n’étais pas en situation de faire le difficile, alors j’ai accepté de partager un peu de paille avec les fauves, lesquels se sont montrés fort compréhensifs. Leur haleine chargée a été bienvenue pour réchauffer mes pauvres membres congelés.

Je me suis donc assoupi et c’est un morceau de viande sanguinolent reçu sur la tête qui m’a réveillé, à l’heure du nourrissage des bêtes. J’ai bien cherché à en manger un bout mais le gros lion m’a vite fait comprendre que c’était son repas à lui. Diplomate, je n’ai pas insisté et je suis sorti de la cage. Nous étions aux alentours de Rouen. L’un des employés du cirque, un brave homme charitable, m’a proposé de rejoindre avec lui la commune de Ronchois à dos de chameau. Ce qui fut fait. C’est donc ainsi, emmitouflé jusqu’aux oreilles, que je fis irruption par une entrée triomphale à dos de chameau, dans ma commune natale de Ronchois. Je ne vous raconte pas la fête épique qui s’ensuivit  au village !

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. La suite des aventures dans un mois, à la prochaine carte postale. D’ici là … tenez bon