Archives de catégorie : Ronchoitise

Ronchoitises infinies

C’est en regardant le ciel étoilé, la nuit venue, du haut du Méné-Bré, loin de toute pollution lumineuse, que j’en suis venu à une profonde réflexion sur l’infini. En effet, quoi de plus troublant et mystérieux que cet infini que l’on perçoit sans jamais pouvoir l’atteindre … par définition. Et cela nous connecte directement à la photographie qui fait un grand usage de la notion d’infini. On dit fréquemment que l’on fait la mise au point sur l’infini lorsque l’on veut prendre un paysage en plan large. Cela est fort prétentieux, comme si seul le photographe avait, en ce bas monde, le privilège de jongler avec l’infini, d’y comprendre quelque chose. Alors qu’en fait, le photographe est un fat qui ne comprend rien à ce mystère mais qui s’échine à faire semblant. Heureusement, Ronchoit est là, comme toujours, pour remettre de l’ordre dans tout cela. Et pour mieux illustrer la notion d’infini, je vais utiliser une belle parabole, comme le faisait déjà, il y a deux mille ans, mon illustre prédécesseur.

L’infini, c’est quelque chose qui ne finit jamais. Il peut s’agir de distance, de temps ou, plus prosaïquement, d’un objet du quotidien. Comme je veux pas vous pas vous embrouiller avec les notions relativistes d’espace-temps qui assurément vous échappent, je prendrai un exemple issu de votre quotidien. Chacun d’entre vous se brosse les dents chaque matin et utilise pour cela une brosse à dents et un tube de dentifrice. Jusque là, vous me suivez, n’est-ce pas ? Au début, rien de spécial à signaler : vous mettez un peu de dentifrice sur la brosse à dents et vous vous brossez les dents sans vous poser davantage de questions. Puis arrive fatalement le jour où il semble qu’il n’y ait presque plus de dentifrice dans le tube. Comme vous n’avez pas pensé à en acheter d’avance, vous vous dites qu’en pressant un peu le tube, vous arriverez bien à en extraire une dernière lichette. Et en effet, ça marche.

A ce stade, je vous entends déjà me dire : “Mais où donc voulez-vous en venir, Maître Ronchoit ? Nous sommes là fort loin de la problématique d’une prise de vue photographique avec mise au point sur l’infini”. Certes, mais patience, j’y arrive. Le jour suivant, vous avez encore oublié d’acheter du dentifrice et vous vous trouvez nez-à-nez avec votre tube aplati faisant triste mine (le tube, et vous aussi). Qu’à cela ne tienne, vous le pressez un peu plus fort et vous en tirez une autre précieuse lichette. Le plus étonnant est que le phénomène se reproduit encore le jour d’après et puis le jour suivant, … Et ceci jusqu’à l’infini. J’entends d’ici des rumeurs sceptiques s’élever. Mais là, je vous interpelle : quelqu’un d’entre vous est-il déjà arrivé au bout d’un tube de dentifrice ? Répondez moi en toute sincérité. Certes, la plupart des gens, pris d’une angoisse existentielle au vu de ce phénomène troublant, finissent par jeter à la poubelle le vieux tube racorni. Mais au fond de nous, nous savons bien que nous avons commis une injustice et que ce tube n’avait pas dit son dernier mot. Il tendait tout simplement et sublimement vers l’infini …

Forts de cette prise de conscience, vous vous sentirez désormais plus intelligents lorsque vous vous apprêterez à appuyer sur le déclencheur de votre appareil photo après l’avoir réglé sur ce petit symbole de l’infini qui ressemble, selon certains, à un 8 couché. Mais selon votre serviteur, ce symbole s’apparente plutôt à un tube de dentifrice bien entamé. Désormais, j’en suis sûr, foi de Ronchoit, vous ne photographierez plus jamais sur l’infini sans penser à tout cela et sans vous être brossé les dents au préalable.
Bien à vous et heureux d’avoir été utile, une fois de plus, à l’art photographique et à la science.

Votre dévoué Théophile Ronchoit

Ronchoitises de Noël

Tout d’abord, j’adresse mes plus plates excuses à notre chère présidente dont j’ai douté dernièrement de l’état de santé mentale après qu’elle m’eut parlé d’un certain covid19 et d’un confinement généralisé. Ce n’était pas faux, en effet. Lorsque j’ai pu remettre en route ma TSF après avoir changé deux lampes, je me suis calé sur Paris-Inter et j’ai appris incidemment que notre président Macron avait attrapé cette vilaine maladie, laquelle fait des ravages dans le monde entier. Dieu merci, le Méné-Bré n’a encore rien d’un cluster et je ne me sens pas trop en danger ici. J’interromps juste provisoirement les consultations que j’ouvrais aux membres du club pour qu’ils bénéficient de mes précieux conseils sur la photographie. Et cela me libère du temps pour explorer de nouveaux univers. Mais ça, je vous en reparlerai plus longuement la prochaine fois.

Pour l’heure, il faut que je vous narre ce qui m’est (encore) arrivé en ce 24 décembre 2020. Vous vous souvenez sûrement, l’an dernier, je vous parlais de cette faille spatio-temporelle qui règne au sommet du Méné-Bré et qui provoque des choses fabuleuses. C’est ainsi que Felicio, ce gentil péruvien, était apparu à l’improviste devant moi avec son lama. Comment ne pas s’en souvenir, en effet ? Eh bien, un an après, rebelote ! Mais cette fois c’est un traineau vide tiré par des rennes que j’ai vu se poser devant mon havre de paix aux alentours de 6 heures du soir, aux derniers rougeoiements du soleil couchant. Heureusement que j’ai le cœur solide tout de même. On avait beau être à la veille de Noël, je ne m’attendais pas à voir atterrir là ce qui était à l’évidence le traineau du Père Noël.
Les braves rennes, impassibles mais essoufflés, laissaient s’échapper de leurs naseaux de grandes volutes de buée. Je leur apportai presto un peu de foin, de quoi les rassasier, mais je restai interloqué car aucun d’eux, évidemment, n’était à même de m’expliquer ce qu’ils faisaient là, sans leur boss. C’est alors que j’aperçus dans le fond du traineau une sorte de magnétophone mini-k7. Le chef des rennes me fit un signe de la tête pour m’inviter à le prendre, ce que je fis derechef. Il y avait une cassette dedans. Je dégivrai l’appareil et le mis en route. Et là, vous n’allez pas en croire vos oreilles, j’entendis nettement la voix rauque du Père Noël, en personne. Et voici ce qu’il disait : “Cher Théophile, un grand malheur vient de m’arriver : je suis atteint du covid 19, et cela à la veille du grand jour de Noël. Ce n’est pas la grande forme, je ne vais donc pas pouvoir assurer ma tournée habituelle. Souviens-toi, il y a 4 ans, tu étais venu m’aider et nous avions fait la tournée des cheminées ensemble dans la nuit. Tu es devenu de ce fait mon seul disciple, mon seul remplaçant possible. C’est à toi, Théophile, que va revenir la lourde charge de distribuer tous ces joujoux par millions. Certes, ce ne sera pas de tout repos car il y a 5.075.479 km à faire cette nuit et 7.097.552.612 cadeaux à distribuer à travers le vaste monde. Mais ta réputation n’est plus à faire, n’est-ce pas. Ronchoit, tu es l’homme de toutes les situations. Mes rennes connaissent le trajet par cœur, tu peux leur faire confiance. Ta panoplie de Père Noël est dans le coffre du traineau au dessus de tous les cadeaux. Bon courage et merci du fond du cœur.”

Je n’eus pas trop de le temps de rester ébaubi car le chef des rennes me fit un signe énergique de la tête pour m’intimer l’ordre de monter illico presto dans le traineau. J’allai quand même chercher mon appareil photo (il ne fallait pas rater ça), j’enfilai ma tenue de Père Noël et hop ! J’étais à peine assis sur le banc en bois que le traineau partit à une vitesse supraluminique dans le firmament. Il serait sans doute trop long, j’en conviens, de vous narrer dans le détail chacune de mes haltes dans les millions de cheminées que j’ai visitées cette nuit-là. J’en profite pour émettre une protestation véhémente à l’adresse de tous les propriétaires de cheminée du monde. Par pitié, faites ramoner vos cheminées avant Noël et surtout, ne laissez pas de feu brûler dedans cette nuit-là. Mon manteau rouge est dans un état épouvantable et j’ai failli, à plusieurs reprises, finir en torche vivante, si ce n’est en cochon grillé. Ronchoit veut bien être gentil, mais tout de même …
Toujours est-il que la mission fut accomplie en heure et en temps et Ronchoit n’en est pas peu fier. Le 25 au matin, le traineau se posa de nouveau au somment du Méné-Bré. Tandis que j’en descendais, un brin éreinté, un goéland se posa devant moi, tenant une cassette dans son bec. Je la pris et la mis dans l’appareil. C’était un mot de remerciement très chaleureux du Père Noël qui me disait qu’il allait déjà un peu mieux. Et le fait est que, quelques jours plus tard, il m’apprenait qu’il était guéri. Donc tout finit bien, comme dans les contes de fée, sauf que tout ce que je viens de vous raconter est rigoureusement vrai, foi de Ronchoit. Et si toi, Pierre, si toi Paule, si toi Jacqueline vous avez trouvé, le 25 au matin, au pied de votre sapin, le superbe appareil photo dont vous aviez toujours rêvé, c’est un peu à cause de moi, votre dévoué Ronchoit … de Noël.

Théophile Ronchoit

Ronchoitises d’ermitage

Figurez vous que, tout en cherchant fébrilement dans mes affaires une carte mémoire pour mettre dans mon appareil photo, je suis tombé par hasard sur mon téléphone mobile que j’avais totalement égaré. J’y tenais pourtant car il s’agit d’un modèle Nokia GSM dernier cri qui permet même d’envoyer des textos. Il lui restait encore un peu de batterie (bien que celle-ci soit en danger, après un si long abandon).

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je trouvai dans sa mémoire plusieurs textos récents émanant de notre chère présidente, me pressant de la rappeler d’urgence. Je m’exécutai illico (ce qui n’a rien à voir avec se faire hara-kiri, ne confondons pas tout) et ne tardai point à avoir notre chère présidente au bout du fil (ce qui est une pure et cocasse vue de l’esprit s’agissant d’un GSM 2G).

Bref, Celle-ci fut ravie de mon appel, me questionna sur mon long ermitage au sommet du Méné-Bré et me demanda, inquiète, si je n’avais pas attrapé un certain covid-19. J’ouvris de grands yeux ronds et lui demandai de quoi elle voulait parler. C’est alors qu’elle partit, avec véhémence dans une longue explication à propos d’une certaine pandémie, un genre de grippe pulmonaire très grave, qui aurait frappé la Terre entière et fait déjà un million de morts.

Elle m’a parlé du professeur Raoult, de la chloroquine, d’un futur vaccin et surtout d’un confinement généralisé auquel seraient soumis tous les français, et les autres aussi. Bref, un délire total ! Je la laissai terminer sa tirade tout en me disant qu’elle avait dû fumer sérieusement la moquette avant que je ne l’appelle. C’est bien triste quand on a la lourde responsabilité d’un club tel qu’OIT. A la fin, je pris mon ton le plus patelin et la rassurai en lui disant qu’ici tout allait bien, que le Méné Bré était toujours debout, que ma brebis paissait tranquillement autour de la chapelle Saint Hervé et que je m’apprêtais à photographier un superbe coucher de soleil sur un horizon flamboyant. Dans ces cas là, quand le délire prend de telles proportions, il faut toujours tenter de revenir à des choses simples et terre-à-terre.

Apaisée mais un brin décontenancée, elle en vint enfin au but de son appel désespéré. La fin de l’année 2020 approchait à grands pas et elle souhaitait que je n’oublie pas d’alimenter la gazette du MOIT (transformée en site web, faut vivre avec son temps) avec un article pertinent pour le nouvel an. Je lui répondis que, bien sûr, le fidèle Ronchoit serait au rendez-vous et ne manquerait pas de rédiger un article avec ses précieux conseils et des histoires à peine croyables.

Là-dessus, apparemment rassurée, elle prit congé tout en me conseillant, étrangement, d’allumer de temps en temps la radio pour prendre des nouvelles du vaste monde. Je lui promis de le faire, tout en lui conseillant à mon tour, avec beaucoup de tact, de prendre soin de sa santé, notamment psychologique, de ne pas se surmener et de consulter si besoin un bon médecin du côté de Bégard …

Maintenant, il va falloir que je retrouve, dans tout mon bazar, mon vieux poste de TSF pour pouvoir capter Paris-Inter. C’est la radio que je préfère car il y a peu de réclame et puis, j’aime bien le jeu des mille francs. Je vous dis donc à bientôt à travers la gazette et espère qu’après un si long silence, vous n’avez aucune rancune.

Votre toujours dévoué Théophile Ronchoit

Ronchoitises – Un jour de trop

Crénom ! Je viens de réaliser que cette fichue année 2020, outre qu’elle nous incite doublement aux excès de boissons, comporte un jour surnuméraire que l’on a placé le 29 février, comme par hasard, pile le jour de la parution du magazine “La bougie du sapeur”. Nos dirigeants, dans leur grande bonté pour nous gratifier de ce jour de plus, n’ont sans doute pas réalisé qu’il pouvait s’agir d’un jour de trop. En effet, cela rompt totalement avec nos habitudes, prises depuis trois ans, de voir ce pauvre mois de février se terminer brutalement le 28. Il va falloir déployer des trésors d’imagination pour essayer d’occuper cette journée incongrue.
Tout d’abord permettez moi d’adresser un salut plaintif à tous les malheureux natifs d’un 29 février. En effet, ces pauvres gens n’ont droit à leur anniversaire qu’une année sur quatre, ce qui constitue une injustice insupportable. Si encore ils vieillissaient quatre fois moins vite que les autres, cela constituerait une jolie consolation. Las, tel n’est point le cas. On n’a encore jamais vu de mamy ou de papy de 400 ans ou plus dans nos maisons de retraite. Bref, c’est la double peine et cela frise le scandale.
Mais revenons à ce 29 février 2020. Que faire de ce jour de plus, de ce jour de trop ? Cela hante mes jours et mes nuits au point que je risque de passer cette journée maudite à dormir, tout simplement, pour récupérer de mes dernières insomnies. A vrai dire, sans être superstitieux, il vaudrait mieux sans doute ne pas sortir ce jour-là. Une météorite est si vite arrivée. Ce sera peut-être la fin du monde, qui sait ?
Le plus étrange est que ça semble ne perturber personne d’autre que moi. Personne n’en parle. Je me sens bien seul avec mon âme vaillante de lanceur d’alerte … à prêcher dans le désert. Enfin, si vous survivez à ce jour funeste, vous ne pourrez pas dire que je ne vous aurai pas prévenus. Théophile Ronchoit restera sans doute, dans les annales, celui qui avait vu juste avant tout le monde.
Mais revenons à la question initiale : que vais-je faire de ces interminables vingt-quatre heures de bonus … ou de malus, voire de malheur ? Une idée m’effleure soudain. Si ce jour doit être le dernier, alors autant aller faire de la photo et de la vidéo pour finir en beauté. Allez, je vais aller bosser, en ce 29 février, sur le thème “Rivages”, et faire les plus belles images du monde le long de nos plages, juste avant qu’un inévitable tsunami ne m’engloutisse goulûment. Beau programme, n’est-ce pas ? Bah, elle est pas belle la vie ? Sur ce, à la prochaine, si vous réussissez à passer ce cap fatidique. Et sans rancune aucune.
Théophile Ronchoit

Tsunami à Trestraou

Ode à 2020 par Ronchoit

Ode à 2020

Ah ! J’étais tellement secoué le mois dernier par l’aventure extraordinaire qui venait de m’arriver avec cette rencontre d’un brave type (et de son lama) au sommet du Méné-Bré, que j’en avais presque oublié de célébrer cette nouvelle année qui s’ouvrait à nous. Et pas n’importe quelle année ! Car celle ci-ci est affublée d’un double 20, ce qui ne se reproduira pas de sitôt, croyez moi. Alors, pour me faire pardonner, je dirai tout simplement :

Ah donc, ne soyez pas si vains
et souffrez s’il vous plaît qu’il vint
chargé de lourds tonneaux de vin
célébrer l’année deux-mille-vingt

Et si par malheur à la fin
Gavé de ce breuvage divin
Vous avez soudain quatre mains
Sachez que vous n’y pouvez rien
C’est l’année du vingt et c’est bien

Pour retrouver votre chemin
Vous attendrez bien l’an prochain
Mais évitez tous les ravins
Et vivez bien votre deux-mille-vingt

Théophile Ronchoit

Ronchoises du nouvel an 2020

Décidément, le Méné Bré est un endroit bien étrange. Rappelez vous, la dernière fois, en septembre, je vous avais narré mes aventures cosmiques avec des aliens venus me cueillir sur le sommet de la montagne pour m’emmener décrocher le drapeau américain planté sur la Lune. Une histoire à peine croyable, vous en conviendrez. Mais depuis, plus rien, jusqu’à ce 24 décembre 2019 où j’eus de nouveau une visite singulière. J’étais au pied de la chapelle en train d’observer le ciel étoilé en espérant, au choix, soit assister au retour de mes aliens, soit voir passer le traineau du Père Noël. Ou les deux peut-être.
Non loin de moi, sous le porche de la chapelle Saint Hervé, se tenait un bœuf, fort placide. Un rayon de Lune me fit entrevoir qu’il n’était pas seul. En effet, sous ce porche on pouvait apercevoir une crèche avec Joseph et Marie grandeur nature en bois sculpté et, entre eux deux, une sorte de couffin de paille, totalement vide. Le souffle du bœuf dégageait de la buée au dessus du berceau. On sentait qu’il allait se passer quelque chose. Mais, foi de Ronchoit, un truc clochait dans ce tableau. Quoi donc ? Crénom, mais c’est bien sûr, il manquait l’âne gris à côté du bœuf ! Pourquoi diable (si j’ose dire en ce jour sacré) l’âne gris n’était-il pas au rendez-vous ?
J’eus bientôt la réponse par hasard en allumant mon transistor, cet objet qui reste le seul lien qui me rattache encore au commun des mortels. En effet, j’appris que la France était paralysée depuis deux semaines par une grève générale des transports et que les ânes venaient tout juste de se joindre au mouvement. Elle était là l’explication, pas plus compliquée que ça. Ceci dit, on ne pouvait tout de même pas laisser cette crèche comme ça, sans âne. Il fallait faire quelque chose. Mais quoi ? Je levai alors les yeux au ciel et fis un vœu. Le bœuf en fit autant et nous attendîmes que les douze coups de minuit s’égrennent au clocher de la chapelle pour nous faire entrer dans le jour de Noël.
A peine le douzième coup avait-il retenti que je vis apparaître, dans un éclair de lumière, au cœur de ce qui était sans nul doute une faille spatio-temporelle, deux êtres singuliers que je mis du temps à identifier : un homme brun et pas très grand, vêtu d’un grand poncho de toutes les couleurs, avec un bonnet chamarré sur la tête et un grand balluchon sur le dos. Il était accompagné d’un lama, une superbe bête blanche fort altière. L’homme avait l’air surpris d’être ici. Apparemment son voyage spatio-temporel n’était pas programmé. Après un moment de stupeur, il s’adressa à moi, en espagnol, et me posa mille questions. Heureusement, Ronchoit, comme vous le savez, est totalement polyglotte (en plus d’être troglodyte) et ce fut un jeu d’enfant d’entamer la conversation avec ce péruvien égaré, la nuit de Noël, au cœur de la Bretagne . C’est ainsi que j’obtins quelques informations sur l’incroyable épopée de notre visiteur.
Juste avant d’arriver ici, il se baladait au soleil couchant au sein du fabuleux site du Machu Picchu, profitant du calme laissé par le départ des derniers touristes. Avec son fidèle lama, il passait au milieu du Temple du Soleil au moment même où l’astre se couchait en dardant ses derniers rayons par la fenêtre étroite de l’édifice. Et puis pfuiiit ! Plus rien. Grand trou noir. Quelques secondes de black-out avant de débarquer ici, au sommet du Méné Bré, dans un halo lumineux. On serait incrédule pour moins que ça, mais ce n’était pas contestable, Felicio (c’est son prénom) était bien là en chair et en os avec son lama. Un cadeau du ciel car, faute d’âne, le lama pourrait sans doute faire l’affaire pour compléter la crèche. L’animal ne se fit pas prier et alla derechef rejoindre le bœuf auprès de Joseph et Marie, soufflant, lui aussi, un petit nuage de vapeur pour réchauffer préventivement le berceau de fortune. Mais à propos, quid du petit Jésus ? Nous étions désormais le 25 décembre et le couffin était désespérément vide.
C’est alors que mon nouvel ami péruvien eut une inspiration. Il posa à terre son gros balluchon, le dénoua et étala ce qu’il contenait. Il me tendit un peu de coca à mâcher, ce que je fis sans broncher. J’avais bien besoin de cela pour me remettre de mes émotions. Et puis, au milieu de son petit bazar, il sortit un poupon avec une tête joufflue en terre cuite, habillé d’une barboteuse de toutes les couleurs. C’était pile-poil ce qu’il nous fallait pour compléter la crèche. Il prit délicatement le poupon et le déposa au milieu du couffin de paille. On eut un instant l’impression que Marie et Joseph tournaient la tête en direction de l’enfant et que la cloche de la chapelle tintinnabulait doucement. Mais ce n’était sans doute qu’une impression. J’étais sur le point d’attraper mon appareil photo pour immortaliser ce tableau touchant quand, derrière mon dos, je perçus une vive lumière. Je me retournai dans un sursaut et constatai avec stupeur que mon ami Felicio avait disparu, probablement happé par cette fameuse faille spatio-temporelle qui sévit au sommet du Méné-Bré. Par contre, le lama était toujours là et le “Petit Jésus” aussi. Preuve que je n’avais pas rêvé.
Que d’émotions ! Ivre de fatigue, je partis me coucher tout en me demandant ce qu’il allait advenir de ce lama de Noël. Mais, bon, on ne va pas se faire du mouron, il y aura bien un autre prodige pour arranger tout ça. Peut-être des rois mages passeront-ils le 5 janvier et l’adopteront. Bon ce n’est pas tout ça mais j’ai une nouvelle année à préparer moi, avec plein de travail à OIT pour 2020. Faut pas mollir. Allez ! Bonne année à toutes (mes admiratrices) et à tous (les mâles jaloux).

Votre dévoué Théophile Ronchoit

Pour preuve, une photo du lama au petit matin du 25 décembre devant la chapelle Saint Hervé au Méné-Bré

Ronchoitises de retour de vacances

Bonjour les Terriens ! Comment allez-vous ?
Ah ! L’été a été chaud ? Oui, certes mais c’est normal car les braves bovins qui peuplent les prairies de nos campagnes mangent trop de cocos paimpolais. D’où d’énormes flatulences qui viennent alimenter en méthane le fameux (meuh !) effet de serre. Si je ne me retenais pas, je dirais volontiers “mort aux vaches” mais ce ne serait pas politiquement correct et il faut garder sa dignité dans un monde où les présidents de certaines contrées ont des manières et des propos de charretier. Bref, le climat délétère ambiant (et je ne parle pas seulement de la météo) m’a poussé cet été à sortir de ma retraite pour prendre le large, et pas n’importe quel large. A vrai dire mon périple n’a pas été totalement calculé ni pleinement volontaire. Je sens que vous piaffez d’en savoir un peu plus, alors sans tarder, je vais vous narrer mes “vacances exotiques”.
En effet, je méditais au clair de lune un beau soir, comme souvent, au sommet du Méné-Bré quand il s’est produit quelque chose d’incroyable (à tel point que vous n’allez pas me croire). C’était dans la nuit du 21 juillet, je crois. L’atmosphère était chaude et les étoiles scintillaient, comme elles savent si bien le faire. Soudain, j’aperçus une étoile qui avait un comportement erratique et bizarre. Elle grossissait à vue d’oeil tout en se déplaçant rapidement en zig-zag à droite et à gauche. Il a fallu que je me rende à l’évidence, ce n’était pas une étoile, mais bel et bien un OVNI. Oui, un OVNI ! Comme s’il m’avait repéré, il se dirigea tout droit vers moi et se posa, dans un halo de lumière, à deux pas de la chapelle Saint-Hervé du Méné-Bré.
Je restai pétrifié par cette apparition surréaliste, ne pensant même pas à sortir mon appareil photo pour garder une preuve de ce que j’étais en train de vivre. Ensuite, tout a été très vite ; votre dévoué Ronchoit n’a pas vraiment eu le temps de réfléchir. Des êtres longilignes et bleuâtres sont sortis de la soucoupe, ont brandi une sorte de pistolet et m’ont envoyé une décharge qui m’a instantanément paralysé. Ils m’ont rentré tout raide dans leur machine. J’étais vaguement conscient mais incapable de bouger ou de parler. De toute façon, ils ne parlaient sans doute pas très bien le français.
La suite de l’aventure est un peu nébuleuse (si j’ose dire) dans mon esprit. L’engin a décollé sans bruit et a filé à une vitesse astronomique (si j’ose dire) vers le firmament. Dans le hublot j’ai vite aperçu notre destination : la Lune. J’ai même pu me dégourdir un peu le bras droit pour prendre une photo, laquelle constituera la preuve que je ne vous raconte pas de salades. En quelques secondes, nous étions à proximité du satellite naturel de la Terre. Les Aliens, à la mine cadavérique (ces gens là ne doivent jamais boire de vin), n’avaient pas l’air très méchants mais ils me surveillaient comme le lait sur le feu.
A ma montre, il était 3 heures du matin. L’engin se posa sur la Mer de la Tranquillité. Par le hublot, j’aperçus aussitôt un objet familier : le drapeau américain qui “flottait” là depuis exactement 50 ans, depuis l’alunissage du LEM d’Apollo 11, depuis ce jour où Armstrong et Aldrin ont imprimé leurs premiers pas humains sur la Lune. Là, je vous avoue que j’ai senti venir une petite larme d’émotion. Pourtant, vous connaissez Ronchoit, pas vraiment du genre à s’attendrir. C’est alors que toute l’attention des Aliens s’est portée sur moi.
Ils m’ont attrapé vigoureusement, m’ont enfilé de force une énorme combinaison de cosmonaute et ont ouvert la porte du sas en me disant d’une voix métallique : “Toi aller chercher drapeau”. Cela ne souffrait aucune contestation ; pas commodes les Aliens. Alors, docilement, je descendis un à un les barreaux de l’échelle qui menait à la surface. Après une éternité, je posai enfin le pied sur le sol lunaire, un sol gris et poussiéreux (apparemment, le ménage n’est pas souvent fait par ici). A cet instant, je ne pus m’empêcher de lever les yeux vers les Aliens et leur déclamer, avec mon plus beau trémolo dans la voix : “C’est un petit pas pour Ronchoit, mais un bond de géant pour l’OIT”. Les Aliens en grommelant me firent comprendre que l’heure n’était pas aux grands discours et qu’il fallait faire vite.
Je me dirigeai alors vers le fameux drapeau, l’arrachai du sol et le rapportai vers la soucoupe. Je ne pus m’empêcher au passage de jeter un coup d’œil sur l’horizon et contempler notre bonne vieille Terre toute de bleu et de blanc vêtue. Malgré mes efforts, je ne réussis pas à repérer le Méné-Bré et sa chapelle ; dommage. Puis ce fut la remontée dans la soucoupe, le trophée à la main, puis, sans plus tarder, le décollage express.
Je tombai alors dans les pommes pour me réveiller une bonne heure plus tard, totalement KO, au pied de la chapelle du Méné-Bré. Levant les yeux vers le ciel, j’eus tout juste le temps d’apercevoir la soucoupe phosphorescente qui filait vers … je ne sais quelle destination. Fort stupidement, j’agitai mon bras comme pour les saluer et fort étrangement, j’eus l’impression, un court instant, qu’un bras blafard sortait d’un hublot de la soucoupe pour répondre à mon salut.
Je ne suis pas sûr que tout le monde aura des histoires comme celle-là à raconter à son retour de vacances. Un seul regret : n’avoir pas pu prendre de photos sur la Lune, ni de portraits des Aliens. Dommage, avec ça, j’étais pile dans le thème “Rencontre(s)”. Mais ce n’est que partie remise. Ils reviendront, pour sûr.
Il semble que leur ai rendu un fier service. J’ai cru comprendre que ce serait pour leur grand Musée de l’Espace sur leur planète. Mais allez savoir pourquoi ils ont fait appel à Ronchoit pour aller décrocher le drapeau américain sur la Lune. Ma réputation d’homme indispensable aurait-elle déjà fait le tour de la galaxie ?
Je vous vois froncer les sourcils d’incrédulité devant un tel récit. Eh bien, si vous ne me croyez pas, allez voir vous-mêmes si le drapeau est toujours planté là-haut, foi de Ronchoit. Hein ! Allez-y, … et sans rancune aucune.
Votre dévoué Théophile Ronchoit

Ronchoitises du nouvel an 2019

Cela faisait longtemps qu’il ne m’était pas arrivé quelque chose d’extraordinaire. Eh bien, figurez-vous que c’est ce qui s’est passé le 25 décembre dernier, alors que je m’apprêtais à passer un Noël paisible dans ma retraite, au sommet du Méné-Bré. Ne pouvant garder cela pour moi, je m’en vais derechef vous narrer cette histoire incroyable (à coup sûr, vous allez douter de sa véracité, mécréants !).

C’était en fin d’après-midi, le soleil commençait à décliner. Il faut dire, qu’à cette période de l’année, il n’est pas bien courageux l’astre du jour ; il fait à peine ses huit heures de taf dans la journée. Bref, le jour s’achevait lorsque j’entendis frapper à mon huis. Pas très rassuré, je quittai mon atelier où j’étais occupé à restaurer de vieilles diapos, pour aller entrebâiller la porte d’entrée.

C’est alors que je vis, dans la pénombre, un homme petit et sans âge, essouflé , revêtu d’un gros dufflecoat gris en laine et emmitouflé dans une immense écharpe. Il leva son regard perdu vers moi, tout en me montrant la petite sacoche qu’il portait à bout de bras, et me dit dans un souffle vaporeux : “Monsieur Ronchoit, je vous en prie, aidez-moi. Vous êtes le seul à pouvoir me secourir en ce jour de Noël. Ouvrez moi s’il vous plaît”. N’écoutant que mon instinct, j’ouvris à cet étrange inconnu, convaincu qu’il n’était pas dangereux.

L’homme était venu à pied jusqu’ici ce qui expliquait son état de fatigue. Il accepta une tasse de café et le siège que je lui proposais. Puis, à mon invitation, il commença à m’expliquer l’objet de sa visite. C’était un peu confus, je vais donc vous résumer ses propos.
Il venait de recevoir, comme cadeau de Noël, de la part de sa marraine, un appareil photo numérique tout neuf et, comme de bien entendu, il n’arrivait pas à s’en servir. Alors à qui pense-t-on tout de go en pareille circonstance ? A Théophile Ronchoit, bien entendu !

La marraine en question avait fait livrer l’objet par porteur spécial (un type d’un certain âge, avec un grand manteau rouge à capuche et une volumineuse barbe blanche) dès potron-minet afin qu’il soit déposé au pied du sapin en heure et en temps. Elle avait laissé en accompagnement un petit mot lui disant qu’elle passerait lui rendre visite le lendemain midi. Notre homme, qu’on appellera Isidore pour les besoins du récit (j’ai volontairement changé son nom pour préserver l’anonymat de cette personne), passa alors une matinée affreuse à essayer de faire fonctionner l’appareil, se battant avec une notice grosse comme la bible et une kyrielle de boutons tous plus abscons les uns que les autres. Au bord du désespoir, Isidore avait donc capitulé avant d’envisager, dans un éclair de génie, d’aller à pied au sommet du Méné-Bré, demander assistance à Théophile Ronchoit. Il n’y avait pas de temps à perdre car la marraine passerait le lendemain midi et il fallait qu’il fasse bonne figure.

Dans mon infinie bonté, j’acceptai donc de lui venir en aide. Il se confondit en remerciements, disant que j’étais le meilleur des hommes sur cette terre (enfin quelqu’un qui le reconnait) et que je serai assurément admis, plus tard, au paradis des photographes (bon, là, … ça va pouvoir attendre un peu).
Avant de passer aux travaux pratiques, je partis à la cuisine chercher un peu de café chaud et lorsque je revins, surprise ! A la place de l’homme, il y avait un petit oiseau jaune qui, à mon approche, poussa un cri et s’envola. Il s’évanouit par le vasistas laissé ouvert. Sur la table, il y avait encore l’appareil photo tout neuf avec sa notice. J’étais éberlué. Où était donc passé Isidore, mon invité surprise, mon naufragé du numérique ? Mystère. Je me servis une tasse de café et pris l’appareil dans les mains. Un bel appareil ma foi, pas ordinaire, d’une étrange beauté. J’ouvris la notice et je vis l’avertissement suivant sur la première page : “Lors de la première utilisation de cet appareil, prononcez haut et fort le mot “Fraternité”. Il passera alors en mode “bonheur” et toutes les personnes que vous photographierez avec lui seront heureuses pendant un an”. Inutile de vous dire que ce laïus me laissa perplexe et incrédule. C’était du jamais vu. Mais comment vérifier cette chose incroyable ?
J’eus alors l’idée de sortir et de faire le tour de la chapelle Saint Hervé. Je savais qu’il y avait là , bien souvent, un pauvre clochard triste qui se réfugiait sous le porche par temps de pluie. Bingo ! Le clochard était là. J’allumai l’appareil et criai “Fraternité !” à gorge déployée. L’appareil clignota trois fois comme pour me dire qu’il avait compris. Le clochard se réveilla en sursaut, peu habitué à ce qu’on lui crie “Fraternité !” dans les oreilles. Je fis ni une ni deux et je pris une photo du clochard un peu hagard mais souriant. Je lui montrai ensuite le résultat sur l’écran de l’appareil. Il était ravi et une sorte d’aura semblait entourer son visage. Ne voulant pas en rester là, je lui proposai de prendre un café au chaud chez moi. Il accepta et c’est ainsi, qu’en ce jour de Noël, le clochard (qu’on appellera Mimile, mais ce n’est pas son vrai nom, vous pensez bien) et moi passâmes la plus délicieuse des journées à nous raconter nos vies, voire davantage, tout en pensant à ce mystérieux Isidore qui nous avait fait le plus beau des cadeaux.

Mais me voici dorénavant investi d’une haute mission, celle de faire un maximum de portraits de gens avec cet appareil magique afin de délivrer plein de bonheur autour de moi. Finie la retraite, je commence dès demain. Le monde a grand besoin de moi, foi de Ronchoit.

Votre dévoué Théophile Ronchoit

Qui vous souhaite une belle et heureuse année 2019

Vous avez dit Rencontre(s) ?

Savez-vous qu’on m’a obligé ce mois-ci à sortir de ma retraite paisible au sommet du Méné-Bré ? Je ne vous dirai pas qui se cache derrière ce “on” car je ne suis pas un cafteur mais ce coquin me revaudra cela. On ne dérange pas impunément Ronchoit, n’est-ce pas ? Tout cela parce qu’il fallait lancer un grand élan d’inspiration au sujet du thème de l’an prochain “Rencontre(s)”. Et il n’y avait que votre serviteur pour relever un tel défi. Alors, courage, allons-y.

Rencontre(s), tel est le thème qui a été retenu, à la fois pour l’exposition photo du Salon d’OIT en 2019, et pour l’exercice vidéo d’Objectif-Image de l’an prochain.
Voilà un bien joli mot qui évoque beaucoup de choses différentes, des plus agréables aux plus inquiétantes. Un mot qui devrait être un catalyseur d’imagination tant pour les photographes que pour les vidéastes. Ainsi fera-t-on peut-être de belles rencontres, inattendues, insolites, voire amoureuses ; à moins qu’on ne fasse, au coin du bois, une mauvaise rencontre. Plus prosaïquement, on assistera, qui sait, à une rencontre au sommet entre personnages importants ou à une rencontre entre partenaires sociaux. On peut espérer éviter les rencontres sanglantes entre armées adverses, au détour d’un champ de bataille ou encore la rencontre-duel entre deux protagonistes fâchés à mort. Plus pacifiquement, mais toujours dans le registre de l’action, pourquoi ne pas viser la rencontre sportive qui voit s’affronter deux équipes chauffées à blanc. La rencontre sous-entend presque toujours une certaine tension, un stress propice à raconter une histoire en images. Et ceci, même quand les acteurs de cette rencontre ne sont pas humains. N’est-ce pas le cas, par exemple, de la rencontre entre le spermatozoïde et l’ovule, entre deux vaisseaux spatiaux qui se sont donné rendez-vous là-haut, ou encore entre deux rivières qui se rejoignent à leur confluent. Et quand l’eau douce finit par rencontrer l’eau salée, c’est l’appel du large, tout un programme pour rêver. Bon, ce n’est pas le moment de s’endormir. Au boulot maintenant ! Que diable, faisons phosphorer nos cellules grises et chauffer nos appareils. Sinon, nous n’aurons rien à montrer aux prochaines … Rencontres.

Votre dévoué.

Théophile Ronchoit

Image extraite d’une vidéo de Jean-Dominique Gauthier : “Prise de bec”

Edito de juillet – signé Ronchoit

L’été est arrivé en force cette année (pourvu que ça dure !) et ce n’est pas pour déplaire aux photographes ou aux vidéastes. Mais qui dit été, dit tentation du farniente, vautré au fond d’un transat, les pieds en éventail, avec, à votre gauche, une boisson fraîche peuplée de glaçons tintinnabulants et, à votre droite, ce bouquin que vous n’arrêtez pas de prendre et de reposer tant le spectacle des vagues vous fascine.

Bref, comme membre actif d’Objectif-Image-Trégor, on a vu mieux. Une cotisation à ce prix là, ça doit s’amortir, que diable, même en plein été ! Alors je vais vous donner un truc pour ne pas mourir de honte face à tant de coupable faiblesse. Improvisez ! Oui, lâchez vous. Laissez courir vos divagations tout en gardant l’œil vif, toujours aux aguets. Point de plan de bataille a priori, pas de grande idée à réaliser à tout prix. Que nenni ! Tout dans l’instantané, dans la saisie du micro-scoop. Mais il y a quand même une chose indispensable, bien sûr : n’oubliez pas votre appareil. Ayez le toujours sur vous, quasiment greffé à votre personne.

Entraînez vous également à dégainer très vite pour saisir l’image improbable qui va s’offrir à vous et qui fera votre gloire au prochain salon. Que vous alliez en mer, en randonnée sur les chemins, en campagne ou en montagne, sur la plage ou encore tout simplement dans votre jardin ou dans votre quartier, ouvrez l’œil mais aussi l’iris de votre « prothèse visuelle » en quête de « la photo du siècle » ou de « la vidéo qui tue ». Elle viendra forcément à vous, à un moment ou à un autre, cette image bénie.

Et puis, nous ne sommes plus à l’époque de la chambre photographique (saluons au passage cette brave madame Yvonne avec son vélo-photo). De nos jours les appareils sont ultra compacts. Certains même usent et abusent de leur smartphone pour commettre des images. Je ne leur jetterai pas la pierre (quoique …) car j’en fais autant quand j’ai oublié de prendre mon véritable appareil.

Et puis, comble de bonheur, ces petites machines font toutes indifféremment de la photo et de la vidéo même si, il faut l’avouer, il est quand même plus pratique de filmer avec un caméscope qu’avec un appareil photo. Mais ne rentrons pas dans ces détails sordides, sources de chicanes entre partisans de l’un ou de l’autre. Soyons définitivement zen. C’est l’été, il fait chaud (tiens, mes glaçons ont fondu, je parle trop) et on aime faire de la photo ou de la vidéo. Quoi de plus beau !
Pour vous servir
Théophile Ronchoit (sorti exceptionnellement pour vous de sa retraite au sommet du Méné-Bré)