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Lecture d’image : Cerise Doucède et Sandy Skoglund

Lors de notre réunion du 12 juillet, j’ai invité les participants à méditer sur un procédé d’artiste plasticien qui consiste à remplir une scène photographiée d’objets inattendus. La figure suivante en montre deux exemples :

L’œuvre de gauche est due à Cerise Doucède [1], une française née en 1987 à Toulon, qui a fait des études artistiques à Aix en Provence, puis Paris jusqu’en 2010, qui a remporté le concours Royal Monceau en 2012, puis le prix HSBC en 2013 et qui a manifestement bénéficié de la promotion liée à ce prix — avec notamment des articles élogieux dans la grande presse, dont celui du Point qui m’a permis de découvrir son travail. Ça m’a immédiatement rappelé ce que faisait Sandy Skoglund (ci-dessus à droite), des années auparavant, mais sur un mode plus léger, moins obsessionnel. Rien dans la com autour des expos de Cerise Doucède ne fait ce rapprochement, mais je ne suis pas le premier à avoir eu cette réaction puisque la galerie parisienne Inception avait organisé une expo conjointe Doucède-Skoglund dès 2012 [2]. Je n’ai toutefois recueilli aucune information sur une quelconque influence de travaux de l’une sur ceux de l’autre.

Sandy Skoglund [3] est une américaine née en 1946, qui a fait des études d’art jusqu’en 1972 (dont une année à la Sorbonne à Paris), puis qui s’est lancée dans une carrière de plasticienne. Les images répétitives qui lui ont valu une consécration internationale apparaissent autour de 1980. Elle a manifestement beaucoup exposé et beaucoup vendu dans les lieux les plus prestigieux de la planète (dont le musée Pompidou), mais, curieusement, on ne trouve quasiment aucun détail à ce sujet sur le web et notamment sur son propre site. Elle a eu constamment une grande activité d’enseignement sur l’art. Elle avait notamment enseigné à l’institut Paul Getty et était à l’origine de nombreuses pages web que j’avais remarquées dans les années 2000… et qui ont maintenant totalement disparu avec l’évolution de cet institut. À croire que j’ai rêvé.  Ô misères de la toile !

Références :

[1] le site web de Cerise Doucède

[2] présentation de l’expo conjointe Doucède-Skoglund

[3] le site web de Sandy Skoglund

 

Addendum

Pour la petite histoire, j’avais commencé la réunion avec une image beaucoup plus humble due à Jacques Dassié, anciennement spécialiste d’archéologie aérienne (http://archaero.com/ ) , qui avait été réveillé une nuit par une des pluies diluviennes de ce début d’année et qui avait eu la curiosité de donner un coup de flash par sa fenêtre.

On conviendra que l’attrait de cette image repose sur le même procédé graphique, mais aussi bien, on peut se demander ce que l’on voit. C’est évidemment lié aux gouttes de pluie, mais ça ne peut pas être ces gouttes elles-même. Normalement, dans la zone de netteté de la photo, une goutte ne peut se manifester que par le reflet du flash et c’est un simple point très lumineux ; toutefois, quand on s’approche trop de l’appareil, ces points lumineux sont élargis par le flou de défaut de mise au point (bokeh) et c’est très vraisemblablement ce qu’on voit dans cette image.

La vie en numérique, d’une réunion à l’autre en juin

Raymond Thébault nous a demandé pourquoi ne retrouve-t-on pas les mêmes couleurs sur une scène prise en instantané et sur la même scène prise en pose longue à travers un filtre gris très dense type ND400 ou ND1000. On peut avancer des raisons logiques : partout où la lumière varie pendant la pose (sujet mobile, miroitement d’eau, etc.), il y a un moyennage dans le temps qui s’écarte forcément de ce que donnerait un instantané, avec notamment la disparition des tons les plus clairs et des tons les plus sombres. On peut aussi se heurter à des imperfections de l’appareillage, un fonctionnement anormal du capteur en pose longue, ou, plus simplement, un filtre « gris » pas si neutre qu’annoncé. Pour en avoir le cœur net, il suffit de photographier une scène statique, d’abord en instantané, ensuite à travers le filtre gris. La différence nous dira s’il y a une dérive anormale à compenser. Mais, aussi bien, pourquoi compenser ? Comme la photo en pose longue crée des images irréelles, hors de toute perception naturelle, il n’y a pas vraiment d’objectivité impérative à respecter ; il appartient au photographe de décider de ce qu’il va chercher dans ce type d’image.

Claude Rougerie nous a ensuite invité à discuter d’épreuvage virtuel. Il a récemment découvert une boutique en ligne https://zor.com/ qui propose des tirages sur alu ou plexiglass à des prix défiant toute concurrence,  2 ou 3 fois moins cher que les concurrents classiques comme https://www.whitewall.fr , proposée par Alain Marie (toutes pubs hélas non rétribuées). Évidemment, les prestations ne sont pas tout à fait les mêmes, mais le site zor.com promet néanmoins de respecter fidèlement les couleurs du client… pour peu que celui-ci ait pris la précaution de passer par un épreuvage virtuel pour bien voir quelles sont ces couleurs. D’où la question de Claude. L’épreuvage virtuel est une fonctionnalité de Photoshop qui permet de simuler les couleurs qu’on aura sur l’image imprimée (à condition que l’écran soit bien étalonné). L’essentiel est traité sur notre site web http://www.oitregor.com/numeric/gestion/intro.html#psp-proof  avec notamment un paragraphe sur l’option de simulation du papier :

Les deux boutons Simuler simulent ce qu’on aura sur le papier en tenant compte du blanc du papier (qui n’est pas rigoureusement blanc), et surtout du noir réalisable sur ce papier. On aura immanquablement un choc en essayant cette dernière option, tant l’image va se voiler — surtout si on travaille avec un papier mat. Pourtant, si on est bien équipé pour comparer l’image papier à l’image écran, c’est bien à peu près ce qui va se passer…

Le site zor.com recommande bien d’activer cette option, mais il ne prévient pas de ce choc, qui, normalement, devrait dégoûter tout client profane de leurs tirages sur alu. Ce site rencontre pourtant un grand succès…

Calendrier de juillet

Pas de réunion de perfectionnement.

Nous aurons une dernière réunion le 26 juillet à l’intention de ceux qui ne seront pas partis en vacances. A vos questions ! Ensuite, repos en août.

Charles Vassallo, juin 2016

La vie en numérique, d’une réunion à l’autre

Nos réunions numériques s’essouflent. Peu de membres présents, aucune question posée pour la réunion du 4e mardi… Nous avons néanmoins passé une soirée intéressante autour des images de Peter Stewart,  qui se présente comme un photographe de voyage, avec plusieurs publications dans le National Geographic Magazine ou Geo.

Son site a l’intérêt pour un apprenti photographe de présenter une rubrique « avant/après » où il montre comment le post-traitement change ses images du tout au tout. Le moins qu’on puisse dire est qu’il ne lésine pas sur la montée des curseurs… Néanmoins, même si on ne partage pas ses options esthétiques, comme il donne des indications sur ce qu’il a fait, il est intéressant d’essayer «d’en faire autant», ne serait-ce que pour augmenter son bagage technique. Incidemment, après avoir vu sa pratique de plus près, on les regardera ces images de voyage d’un autre œil…

Un point intéressant est qu’il recourt presque à chaque fois aux ressource de Color Efex Pro pour les dernières étapes du rehaussement de ses images ; il donne quelques explications à ce sujet sur son blog . Nous  avons profité de l’occasion pour  faire une présentation substantielle de ce logiciel (remerciements à Alain Marie et Stéphane Pareige pour leur concours sur ce point).

Rappelons que Color Efex Pro fait partie de la Nik Collection qui désormais est distribuée gratuitement par Google [ICI]; il n’y a pas raison de s’en priver (si votre liaison Internet est trop paresseuse, vous pouvez aussi la trouver sur le Mac du club dans le dossier Bric à brac). Ces logiciels se greffent sur Photoshop ou sur Lightroom ; ils sont installés sur le Photoshop du club.

Calendrier de juin

Je serai en voyage pendant la 3e semaine et il n’y aura donc pas de séance de perfectionnement sous ma direction. Les autres animateurs du club devraient en profiter pour monter une réunion spéciale à la place ; vous ne devriez pas perdre au change.

28 juin : séance régulière.  A vos questions ! (si possible, envoyez-les moi par mail, surtout s’il s’agit du travail sur une image.)

Charles Vassallo, mai 2016

La vie en numérique, d’une réunion à l’autre

Du bon usage des imprimantes

J’ai remarqué que beaucoup d’entre nous utilisent la 3880 en mettant le papier en « manuel-arrière » et se lamentent ensuite de la mauvaise volonté de la machine, laquelle prétend trop souvent que le papier a été mis de travers. Pour tous les papiers brillants ou barytés, il est beaucoup plus simple de passer par le « bac ». On y accède par le dessus de la machine, devant la fente arrière ; on ouvre la trappe et on dépose le papier tout à droite, sans autre forme de procès. Avec le papier fourni par le club, on pourra ensuite utiliser le préréglage 3880 – Epson Luster par le bac. Le seul piège est de bien vérifier que l’onglet Configuration imprimante confirme qu’on fonctionne en « bac feuille à feuille » ; si ce n’est pas le cas, revenir à la définition de la taille du papier et de son type de chargement. Tout ça est dans le guide d’impression, accessible depuis le bureau.

On m’a rapporté un autre incident plus embêtant. L’un d’entre nous a lancé son impression et a eu la surprise de voir que ce n’était pas son image qui sortait de la machine. Avant de trouver ça cocasse, imaginez que ce soit à vous que ça arrive ! C’est simplement l’utilisateur précédent qui s’est heurté à un refus d’obtempérer de la machine et qui est parti sans régler le problème et en laissant son image dans les entrailles de la machine. La marche à suivre est pourtant indiquée dans le guide d’impression.

Il se peut qu’on soit contraint de quitter le labo avant de faire le nécessaire. Dans ce cas, il est impératif de scotcher un avertissement sur l’imprimante elle-même, pour prévenir qu’il y a une impression qui n’est pas sortie ; une simple mention sur le journal de bord ne suffit pas. Et un petit mail au responsable aurait été le bienvenu…

Séance de perfectionnement du 3ème mardi

J’ai essayé de prêcher la bonne parole sur l’intérêt d’utiliser les images RAW, en ressortant un laïus que j’avais préparé il y a trois ans à l’intention des néophytes, afin de démystifier le sujet. J’espérais que mon public se serait renouvelé, avec un fort apport des nouveaux venus au club ; sur ce point, hum… nous n’avons pas eu à déployer les strapontins.

Il y avait un triple message. D’abord,  en dehors du rattrapage des balances de blanc imparfaites, l’intérêt des RAW est surtout de permettre de corriger des problèmes d’exposition lorsque le JPEG fourni par l’appareil n’est pas satisfaisant :

A gauche, JPEG fourni par l’appareil ; à droite, rattrapage de la surexposition depuis le fichier RAW

Ensuite, même avec la flopée de réglages disponibles dans les logiciels RAW, on n’aboutit pas forcément à un résultat définitif sur l’image. C’est le cas de l’image précédente, dont il faut poursuivre le traitement dans Photoshop :

Le troisième message, spécialement à l’intention des débutants, est que les logiciels RAW, et notamment le Camera Raw inclus dans Photoshop, ne sont pas si compliqués qu’ils en ont l’air. Si si, il faut le dire et le redire !

Séance régulière du 4e mardi

Faute de question ponctuelle sur l’une ou l’autre des fonctionnalités de Photoshop, nous avons discuté du traitement de deux images, proposées par Stéphane Pareige et Jean Le Rouzic. C’et toujours un exercice intéressant que d’essayer de tirer le meilleur d’une image. Il faut commencer par analyser l’image et ce qu’on veut en faire. On voit alors où sont ses points forts et ses faiblesses et on essaie de retoucher l’image pour rehausser les uns et d’atténuer les autres. On peut suivre les démonstrations dans nos réunions en temps réel. Certes, les débutants sont généralement désarmés aussi bien pour analyser l’image que pour pratiquer la retouche, mais

  • on apprend par l’exercice, sur ses propres images et en voyant ce que font les autres. Venez à nos réunions !
  • et si vous venez et que vous vous sentiez largués par les explications données, dites-le sans honte ! L’animateur devra reprendre en se mettant à votre portée, au moins devra-t-il faire un effort dans ce sens.

Calendrier de mai

17 mai : perfectionnement. Je vais revenir sur la récupération des tons foncés et des tons clairs, dans Photoshop et dans Camera Raw ; ne croyez pas que ce soit bonnet blanc et blanc bonnet.

24 mai : séance régulière. A vos questions ! (si possible, envoyez-les moi par mail, surtout s’il s’agit du travail sur une image.)

Charles Vassallo, avril 2016

 

 

MOOC d’initiation à Photoshop : avancement des travaux

Lors de notre stage d’initiation à Photoshop de décembre dernier, j’avais annoncé

  • que je n’animerais plus ce genre de stage : trop de cheveux blancs ;
  • que j’allais le remplacer par la mise à disposition d’un ensemble de tutoriels vidéo reprenant la totalité du stage — et même un peu plus. Un MOOC, quoi, pour parler la novlangue du moment (Massive Open Online Course), sauf que ce n’est pas vraiment open, car  réservé à nos seuls adhérents, ni online car c’est trop gros et il faudra aller chercher les fichiers sur notre ordinateur.

Les futurs débutants devront suivre ces tutos à leur rythme, puis, comme maintenant, aller chercher des conseils supplémentaires dans nos réunions techniques mensuelles.

J’écris cet article pour signaler que les travaux avancent. Si vous voulez savoir, je travaille sur Screenflow, mais autant vous prévenir tout de suite que ça ne tourne que sur Mac ; les fichiers des tutos, par contre, sont des « mp4 » qui devraient partout être lisibles. J’en suis au chapitre 8 du cours d’initiation et ça fait déjà près de 3 Go de fichiers pour 5 heures de cours. Je compte bien traiter les trois derniers chapitres d’ici deux mois, mais il vaudra mieux alors que je refasse les tout premiers car je ne maîtrisais pas alors le logiciel de création de ces tutos comme maintenant ; toutefois, auparavant, j’aimerais bien avoir quelques réactions de ceux qui auront eu la curiosité de voir de quoi il retourne.

Le tout se trouve dans le dossier Formation (accessible depuis un raccourci sur le bureau de notre ordinateur) et dans le sous-dossier TUTORIELS PHOTOSHOP.   Prévoir une clé USB, ou, mieux (si vous êtes pressé), un petit disque dur.

Charles Vassallo, avril 2016

Le Printemps d’Objectif Image 2016

À partir de cette mi-mai 2016, tous les adhérents des clubs d’Objectif Image sont invités à s’exprimer en photographie autour du thème « La solitude » au bénéfice du personnel de notre sponsor La Poste. Bon an mal an, une trentaine de clubs et environ 300 photographes participent à cette manifestation au niveau national.

Comme l’an dernier nous comptons exposer une vingtaine de photos dans la salle de réunion du Centre Courrier. Pensez que c’est exactement le même thème, «La solitude», que notre Assemblée Générale du 3 février a choisi pour notre salon de fin d’année. C’est donc un excellent galop d’entraînement !

Les modalités pratiques sont les mêmes que d’habitude. Nous avons ouvert un dossier spécial sur le bureau du Mac du club, « SOLITUDE – Printemps OI », et il faudra y déposer les fichiers de vos images en définition max (le plus grand possible, en tiff, en jpeg ou en psd) et ceci avant le 10 mai à minuit.

Charles et Dany prendront ensuite le relais pour en faire les tirages qui rentreront dans nos cadres 40 x 50 (aux frais du club). Nommez vos fichiers de manière à ce que votre nom et le titre de chaque photo soient reconnaissables. Par exemple :

  • mettez votre nom (ou vos initiales)
  • mettez un numéro pour signifier votre classement si vous proposez plusieurs images. La première sera certainement imprimée, mais les suivantes, seulement si nous ne sommes pas assez nombreux ; il faut arriver à 20 images pour l’ensemble du club
  • si vous tenez à un titre particulier, mettez-le dans le nom du fichier. Sinon, nous l’inventerons !

Ainsi, l’image suivante (empruntée au blog OI national) aurait pu s’appeler JMV-1-lecteur-solitaire.jpg 

photo Jean-Marc Vesseron, de OI-Charleville-Mézières

Charles Vassallo

La vie en numérique, d’une réunion à l’autre

Peu de monde ce mois-ci à nos réunions — douze à quinze personnes — et je me perds en conjectures. Vacances scolaires ? Concurrence déloyale du foot à la télé ? Météo glaciale ? Le numérique passe de mode ? (non, car l’encéphalogramme du labo argentique est resté plat). Je n’ose pas croire que Photoshop n’offre plus aucun mystère pour les utilisateurs. Le programme était pourtant passionnant ; tant pis pour les absents !

Séance de perfectionnement du 3ème mardi

Nous avons parlé de la « correspondance de la couleur » et la « correspondance de couleur ». Non, je ne bafouille pas. Les deux figurent à quelques lignes d’écart dans le menu Image > Réglages de Photoshop CC et il ne faut évidemment pas les confondre. N’en tirez néanmoins pas trop vite un argument pour rester coitement sur CS-6 : si seule la première correspondance figure dans son menu des réglages, c’est bel et bien la deuxième qui apparaît dans sa liste des calques de réglage, et qui n’a rien à voir avec la première — sinon qu’elle porte quasiment le même nom. Ô merveilles de la francisation de Photoshop ! Comment deux vocables très différents en anglais, respectivement Match colors et Color Lookup, ont-ils pu converger à ce point en français ?

La première correspondance (« de la couleur ») est une vieille connaissance qui est apparue avec CS1. Elle s’adresse à ceux qui préparent des séries de photos et qui tiennent à ce que leurs couleurs soient raisonablement homogènes. Si une photo s’écarte trop de la norme, on la prend comme cible dans cette fonction et on lui applique les couleurs d’une autre image plus orthodoxe, la source. Il semble que ça fonctionne bien tant qu’on reste modestement dans cette utilisation, mais bien entendu, de nombreux utilisateurs se sont ingéniés à tenter des applications plus créatives en mariant n’importe quelle image à n’importe quelle autre et, euh… il arrive que ça marche. Pas toujours, ou pas toujours très bien.

A titre d’exemple, la figure suivante, empruntée à une vidéo de YouTube montre une tentative de changement de couleur d’une fleur :

Au rythme de passage de la vidéo, le changement de couleurs du jaune au rose est bluffant. Mais quand on reprend l’exercice à tête reposée en pas à pas sur sa machine, on trouve des accents bleutés fort suspects. Passe encore sur le pourtour de la fleur où on peut incriminer quelque effet de transparence des pétales, mais pas au centre de la fleur ! Et comme on n’a aucune explication sur ce qui se passe, on ne sait rien des précautions qu’il aurait fallu prendre ; il n’y a plus qu’à chercher autre chose, ou tenter un autre coup de poker avec un autre mariage.

La deuxième fonction, la correspondance de couleur, est juste l’application d’une table LUT (Look Up Table) à l’image. En fait, tout changement des couleurs, où on passe des couleurs d’avant aux couleurs d’après, ou des couleurs d’entrée aux couleurs de sortie (pensez à ce qu’on fait avec une suite de réglages colorimétriques de Photoshop) peut se numériser sous la forme d’une de ces tables. On obtient le même résultat si on applique ces réglages à l’image ou si on transforme ses couleurs selon les indications de la table LUT correspondante. On aurait pu aussi bien faire un script avec cette suite de réglages, mais l’intérêt des tables LUT est qu’elles sont lues par de nombreux autres logiciels graphiques, et notamment avec ceux qui permettent de reprendre les images d’un film.

Les dernières mises à jour de CS-6 permettent ainsi de lire des tables LUT de toute origine, pas seulement celles qui sont installées avec le logiciel. Photoshop CC offre en plus de créer la table correspondant à une suite de réglages, mais, tant qu’on reste dans ce Photoshop, il faut bien comprendre que ça n’apporte rien de plus que cette suite de réglages ou le script correspondant. Ça n’apporte rien en matière de retouche colorimétrique au delà de ce qu’offre Photoshop — rien qui en comble les lacunes, car il y a bel et bien des lacunes, même si fort peu d’utilisateurs en souffrent. Un logiciel récent se propose d’y remédier, 3D LUT creator, mais son abord n’est pas des plus simples, euphémisme pour dire que j’en ai fait prudemment le tour sans y entrer. On verra ça plus tard… A suivre !

Séance régulière du 4ème mardi

Rappelons que cette séance est une séance de questions-réponses concernant l’image numérique sous tous ses aspects. On y parle essentiellement de retouche d’image, mais on peut aussi aborder les aspects matériels ou informatiques ; quand les animateurs (auto-proclamés) sèchent, la réponse peut venir d’une autre personne dans le public. Et priorité est donnée aux questions posées par les débutants.

Bref, une seule question a été soulevée, par Jeanne Rivoallan : comment traiter l’image ci-dessous dans Photoshop, et notamment comment résoudre les problèmes de bruit ? La photo originale était un JPEG pris à 400 ISO seulement mais avec un appareil un peu ancien, créant un bruit qui monte au fur et à mesure que la retouche augmente le contraste.

© Jeanne Rivoallan

Le problème avec Photoshop est qu’il ne dispose pas de fonction anti-bruit digne de ce nom, sauf dans Camera Raw. Avec CC, Camera Raw est devenu un filtre comme les autres ; on peut donc faire un calque copie de l’image et le traiter avec ses fonctions anti-bruit. C’est un peu plus compliqué avec CS-6, mais on peut tout de même y arriver. Bien entendu, toutes ces acrobaties sont inutiles si on dispose d’un plugin débruiteur, mais ce plugin n’est plus un ajout indispensable comme il l’était il y a quelques années.

Calendrier de mars

15 mars : perfectionnement. En prolongement à la sortie « poses longues » du 27 février, j’expliquerai en détail comment superposer des poses séparées pour faire une seule image ou simuler une pose plus longue que ce que permettrait votre matériel sur une seule photo.

22 mars : séance régulière. A vos questions ! (si possible, envoyez-les moi par mail.)

Charles Vassallo, février 2016

Lecture d’images (9 février 2016) : Han Fo

photo Han Fo

Han Fo est un photographe chinois encore à peu près inconnu en France, bien que ses notices biographiques ne manquent jamais de dire que ses photos figurent dans de nombreuses collections privées ou publiques sur toute la planète, et notamment à la Bibliothèque Nationale de France. Néanmoins, bien que l’essentiel de son travail date des années 1950-65, je n’ai trouvé trace d’aucune publication française qui le mentionne avant 2014. Sa carrière est très simple :
1931 : naissance à Shangaï
1945 : son père lui fait cadeau d’un Rolleiflex
1949 : émigration à Hong-Kong
1950-60 : il photographie Hong-Kong de long en large. Toute sa renommée vient de ces images.

Il participe alors à de nombreux concours avec un grand succès : 8 fois dans le Top Ten de la PSA (Photographic Society of America), 280 récompenses internationales, achats dans de nombreux musées… Il entame ensuite une deuxième carrière dans le cinéma de Hong-Kong, en acteur, puis en metteur en scène — on trouvera quelques précisions sur sa notice Wikipedia ; il aurait notamment figuré dans la sélection officielle de Cannes (à une date inconnue). Il prend enfin sa retraite en Californie.

Ses images de Hong-Kong sont regroupées dans trois livres, Hong-Kong Yesterday, The Living Theatre et A Hong Kong Memoir, tous trois publiés aux USA par Modern Books. Le troisième est actuellement épuisé mais devrait être réédité. Comptez dans les $75… (plus frais de port et, si les gabelous ne dorment pas, TVA).

Son site officiel est sur www.fanhophotography.com

J’ai trouvé deux pages françaises de 2014, une chez les Pixelistes, l’autre chez Phototrend, toutes deux avec pas mal de photos mais hélas à peu près les mêmes. On peut en trouver beaucoup d’autres en dehors de son site officiel ou des pages de son éditeur en furetant sur le web, dont quelques unes en couleur.

Pour finir, pour ceux qui préfèrent les images qui bougent, et pour faire bon poids, deux petites vidéos de YouTube :

  • un hommage monté par un admirateur italien. Travail sur les images parfois discutable, mais quelques images que je n’avais pas vues ailleurs sur le web, comme celle en tête de cet article (pourtant, tout viendrait du web).
  • une interview autobiographique issue d’une émission culturelle de « The Works » (j’avoue ne pas savoir à quoi ça correspond). Ça se passe en anglais, évidemment, mais c’est intégralement sous-titré (en anglais aussi — cf l’image ci-après —, mais apprécieront vivement tous ceux qui lisent l’anglais sans pouvoir bien le comprendre à travers leurs oreilles). Hautement recommandé ! L’artiste explique notamment pourquoi il s’est mis à bricoler ses vieilles images sur le tard — photo-montages, superpositions, etc. . .

photo Han Fo

Bonnes visites et bonnes lectures
Charles Vassallo

Initiation à Photoshop, mort et transfiguration

Le stage s’est déroulé comme prévu les samedis 9 et 16 janvier 2016, pour 11 stagiaires. C’était sa 13e édition… et très probablement la dernière que je conduirai. Pour me faire pardonner, j’ai entrepris de mettre l’ensemble du cours d’initiation sous forme de tutoriels vidéo d’une vingtaine de minutes chacun, à visionner sur son ordinateur. Les tout premiers MOOC du club, quoi ! L’intérêt est que le débutant pourra commencer à se former n’importe quand dans l’année, sans attendre le stage annuel ; les soirées du 4e mardi seront toujours en place pour l’aider à franchir les caps difficiles.

C’est un travail de longue haleine, j’apprends le métier sur le tas (et encore, je bénéficie de mes souvenirs de diaporamiste pour le montage) ! Pour l’heure, seuls les trois premiers chapitres ont été traités ; le 4e (les calques de réglage) devrait l’être ce mois-ci. Tout cela est à votre disposition sur le Mac du club, dans le «Bric à brac OIT», du côté des formations, dans le dossier TUTORIELS PHOTOSHOP. Si vous voulez les récupérer, prévoyez un petit disque dur ou soyez patient si vous ne venez qu’avec une clé USB, car il y en a déjà pour plus de 2 Go.

Charles Vassallo, janvier 2016